D’énormes moyens suscitant jalousie et méfiance
Cette campagne de propagande électorale 2018 a pris tout le monde de court de par l’ampleur des moyens mis en œuvre par le candidat Andry Rajoelina. A tel point qu’une vaste « contre-attaque » a vu le jour, de la part de ceux des camps d’en face.
Des matériels de propagande rarement sinon jamais vus à Madagascar sont déployés. Ceux qui le connaissent ne s’en étonnent pas : l’homme n’aime pas faire les choses à moitié et il a un goût prononcé pour le perfectionnisme.

Ecrans géants, camions équipés d’écran géant, drones, motos tricycles, portrait gigantesque du candidat au quartier général de campagne, et des milliers sinon des millions de tee-shirts et autres accessoires tels que posters, casquettes entre autres éblouissent les yeux des candidats bien moins fortunés.
Pour contrer une telle « débauche de moyens », ceux d’en face utilisent abondamment les réseaux sociaux, et en particulier Facebook. Des dizaines de faux comptes, ou comptes « fake » ont été créés. Avec comme mots d’ordre : feu à volonté contre le numéro 13 ! Injures, diffamations, dénigrements fusent contre ce candidat qu’on accuse de tous les maux et de tous les crimes.
En fait l’incompréhension, si vraiment incompréhension il y a, provient du fait que la somme supposée de 182 millions de dollars comme fonds de propagande de l’ancien président de la transition est colossale aux yeux de beaucoup, et par conséquent semble louche. Ceux d’en face n’arrivent pas à accepter qu’une telle somme puisse être trouvée par un candidat qui s’est pourtant méticuleusement et méthodiquement préparé à vaincre à l’élection présidentielle depuis quatre bonnes années.
Qu’un tee-shirt ne coûte en fait que la modique somme d’un dollar dans l’Empire du Soleil Levant et que, par ailleurs il est fort plausible que des âmes généreuses puissent pousser à la roue le jeune candidat parce que, d’une part, ils connaissent sa compétence à travers l’efficacité de sa gouvernance durant la transition d’où son aptitude à sortir le pays de la pauvreté actuelle et d’autre part, il est le seul parmi les 35 candidats à pouvoir battre celui qu’il a déjà fait tomber en 2009.
Nul n’ignore en effet les crimes économiques et de sang commis durant le mandat et demi de présidence Ravalomanana et, par conséquent, rares sont les opérateurs économiques, Malagasy ou autres, qui souhaitent le voir revenir. Ainsi, tout comme en 2009, la quasi-totalité d’entre eux est actuellement moralement et (ou) financièrement derrière Monsieur Rajoelina durant cette élection. Rien d’étonnant donc si pour lui, ce ne sont pas les munitions qui manquent pour gagner cette onéreuse guerre électorale.


Bernard S.

(05/11/2018)